La liberté de ne pas acheter

Deux articles qui n’ont rien à voir, l’un en français, du blog Iconomie, l’autre, en anglais, du blog Hit & Run hébergé par le think-tank libéral (sens européen) Reason.

Le premier montre, sur un ton assez jubilatoire, comme les méandres de notre sécurité sociale, et les coûts qu’elle représente, ont incité les parlementaires à proposer le recours à l’assurance privée pour délester la sphère publique de certaines préoccupations quant à l’allocation de dépendance :

Une proposition de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée a proposé, entre autre, de rendre obligatoire la souscription à une assurance privée dès l’âge de 50 ans. Voilà une mesure étonnante à l’heure où l’on veut absolument conserver notre système par répartition !

Pourquoi pas, en effet. Cet aveu de fait montre que le tout-État est bien difficile à mettre en œuvre. Évidemment, on attend le train de mesures réglementaires qui vont « encadrer » les assurances-dépendance pour « protéger » le consommateur (avec les pertes d’efficacité que l’on devine aisément).

Dans l’autre billet, on a l’impression de se situer à des années lumière de ce raisonnement libéral français. La réforme de la santé de Barack Obama a beau avoir été adoptée et promulguée, les états fédérés ont posé un recours contre le texte car il serait inconstitutionnel. Damon W. Root, l’auteur de l’article cite lui-même, via le Wall Street Journal, le professeur de droit Randy Barnett :

The « individual mandate »—the requirement that all Americans purchase medical insurance or pay a fine—has been the focus of the lawsuits by state attorneys general seeking to overturn ObamaCare. (…) Such a mandate is unprecedented: « This is the first time in American history that Congress has claimed to use its power over interstate commerce to mandate, or require, that every person enter into a commercial relationship with a private company, » Mr. Barnett notes.

Belle différence de mentalité. Outre-Atlantique, l’idée de forcer l’achat d’une assurance, bref d’obliger, par le glaive, à la prudence, est presque un sacrilège contre la Constitution et les God-given rights des personnes, y compris la liberté de s’abstenir d’acheter. Chez nous, une telle obligation pourrait fort bien être votée en commission parlementaire puis entérinée en séance plénière sans que personne ne le remarque !

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