Villeneuve et socialisme

En surfant à droite à gauche (à droite, surtout, je l’avoue), j’ai découvert que le quartier de la Villeneuve de Grenoble est un des exemples les plus aboutis de la « politique de ville », ce truc qui, quand il ne sert pas à financer les soutiens au pouvoir local via des associations d’action sociale bidons, consiste à créer des parcs, des tourniquets et des lieux de « détente dans une ambiance festive ».

La Villeneuve est organisée autour du parc Jean Verlhac, du nom d’un ancien résistant et intellectuel catholique de gauche membre des FFI (1923-1995).

Allez faire un tour sur le blog ILYS, qui décrit les lieux dans un style décapant. Un ghetto ? La Villeneuve ? Pas tant que ça. La « zone » est loin d’être un territoire oublié par la charité publique. Le passage sur les transports en commun est hilarant :

Des transports en commun tellement nombreux que si Noël Mamère venait séjourner à Villeneuve, il en aurait marre des transports en commun, qu’il pourrait plus les voir en peinture, les transports en commun, qu’il dessinerait pour se détendre des caisses de beaufs avec tuning et pare-buffles.

Même son de cloche chez la Metula News Agency (source peu crédible aux yeux de beaucoup car sioniste, mais passons) : le quartier n’est pas l’amas de taudis qu’on imagine. Patricia La Bosca est surprise par les allures du champ de bataille :

La Villeneuve a cela d’étonnant que l’endroit est plutôt joli et sympathique, surtout lorsqu’on ne s’approche pas des cages d’escaliers. Ici, contrairement à la plupart des zones de non-droit que j’ai eu l’occasion de visiter, il y a visiblement eu une recherche architecturale.

Les maisons ne sont pas alignées symétriquement, elles ne sont pas semblables, ce ne sont pas des poulaillers comme on en a vus ailleurs, et les avenues verdoyantes dans lesquelles – habituellement – circulent les tramways aèrent la ville.

Description qui met à mal, on s’en doute, l’explication socialiste de la violence urbaine. Si même dans un environnement favorable ces troubles peuvent avoir lieu, c’est que la variable « socio-vivre-ensembliste » n’est pas significative. Redonnons la parole à ILYS :

La vérité, c’est que cette propension à expliquer le comportement d’une population par son environnement est l’une des traces les moins commentées mais les plus persistantes de la colonisation des esprits par le totalitarisme marxiste, et ces couillonnades sociologiques font songer aux délires de Lyssenko comme la gueule du petit bâtard évoque celle du facteur… Dans les deux cas, la conviction fondatrice est que l’on peut façonner les hommes, les modeler, qu’intrinsèquement ils ne sont rien, qu’ils sont dépourvus de racines, de gènes, de sang et d’atavisme,  que  cette glaise sera ce que nous en ferons…

Ajoutons aussi qu’un des postulats essentiels de cette lecture, c’est la passivité complète des individus et la validité de fait du déterminisme social. Cette fatalité, il ne faut visiblement pas s’efforcer de la faire disparaître afin de créer une société d’individus libres et autonomes. Le projet —je ne sais trop comment l’appeler… libéral ? conservateur ? les deux ?— veut briser le déterminisme, rendre les hommes maîtres de leur situation et leur laisser la liberté de suivre le chemin qu’ils souhaitent dans le respect des lois communes. Aussi étrange que cela puisse paraître, le soutien inconditionnel à l’ordre républicain et à la répression pénale glorifie bien plus l’individu que les réponses socialistes : il place en lui une confiance (peut-être naïve, peut-être optimiste) en sa capacité à comprendre les limites qui s’imposent naturellement à lui et, aussi, les opportunités qu’il peut saisir dans le respect de la loi.

Pour les socialistes, il s’agit seulement et surtout de moduler l’environnement pour mener les hommes au bien (qui consiste en une apparence de mœurs apaisées)  par des moyens juridiques et financiers, décidés par ces happy few suffisamment clairvoyants pour décider à la place des autres. La liberté n’a aucune valeur chez les socialistes, par-delà leurs protestations de « libéralisme sociétal mais pas économique » ou, pour ceux d’entre eux qui sont restés fidèles au communisme, leur désir affiché de « liberté réelle ». L’homme est pour eux une fonction mathématique, à une ou plusieurs variables, dont il suffit de modifier l’antécédent pour aboutir à l’image qu’on souhaite.

Le socialisme, un humanisme ? Mouais.

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