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Malgré Internet, une longue absence équivaut souvent à un long détachement. Surtout quand le débit dans le pays de destination est plus lent que celui que nous connaissions à l’époque de feux nos modems qui entonnaient une chansonnette toute particulière quand ils se connectaient.

Donc j’ai eu le droit, dans l’avion qui me menait d’Amsterdam à Paris, de me remettre rapidement au fait de notre actualité en lisant Le Figaro et Les Échos. De retour chez moi, le surfing a complété les choses.

J’ai appris plusieurs choses :

  • Le gouvernement tient bien ses promesses et veut donc augmenter les impôts, pour les riches, dit-on. On parle aussi de refiscaliser les heures supplémentaires depuis l’immonde cadeau fait par Nicolas Sarkozy et ses sbires à l’été 2007. La question se pose de savoir si l’effet de la loi sera rétroactif ou non. On parlait d’une application au 1er janvier 2012, mais cette idée a été abandonnée au profit du 1er juillet… (voire du 1er août, selon les voeux de Matignon ?) Manifestement, les socialistes n’ont rien oublié de la leçon de Martine Aubry : ceux qui travaillent trop volent le travail des autres. C’est le fameux sophisme de la masse fixe de travail (lump of labour fallacy) que même les keynésiens contestent. Mais le raisonnement étant simpliste, il est d’un usage facile en politique.
  • Selon un encart lu je ne sais plus trop où, Hollande adopte une attitude intelligente quand il parle du taux d’imposition à 75% au-delà d’un million d’euros de revenus annuels : un dispositif de lissage dans le temps serait prévu pour les revenus irréguliers ; et le Président y voit une mesure temporaire. Ce n’est pas bien, mais c’est mieux.
  • Le gouvernement ne peut pas faire grand’chose pour le plan social de PSA Peugeot Citroën. Arnaüld de Montebourg et ses effets de manches paraissent tout à coup bien désuets : il découvre que le gouvernement ne peut pas donner des ordres à des personnes privées sans que ce soit prévu par la loi. D’où la complainte d’un « prof de théâtre » sur Rue89 qui a eu la naïveté de croire à ses pantalonnades et appelle à un retour aux vraies valeurs montebourgeoises : protectionnisme et démondialisation. On lira avec intérêt le billet de Pascal-Emmanuel Gobry (Atlantico) sur la tragédie de ce secteur industriel : en bref, l’industrie française est victime de managers trop peu amoureux des produits qu’ils vendent (ceux-ci sont donc un peu faiblards par rapport à la concurrence) et le secteur à l’échelle européenne est grossièrement déséquilibré par les subventions publiques qui gonflent la demande à des niveaux absurdes. L’incapacité gouvernementale serait donc une bonne chose même si Arnaüld compte présenter un plan de soutien le 25 juillet prochain.
  • Dans notre société ultralibérale, toutes les réactions politiques ou presque se sont résumées à « il faut que l’Etat déverse des millions pour sauver l’industrie automobile ». Ainsi les propositions de la droite, où se détache quand-même la réaction de Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, qui parle plus de compétitivité et de flexibilité que de plans d’aide d’urgence. Dans un autre article, on pouvait aussi lire que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, souhaite que l’on aide les salariés mais que l’on n’en vienne pas à financer à perte une production inutile.
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