Laïcs dans l’Église

Il y a un sujet dont j’ai souvent l’occasion de discuter avec mes amis, en particulier quand l’Église est secouée par divers scandales médiatiques : qu’ont à faire les laïcs catholiques dans tout ça ?

Bien souvent l’on arrive à la conclusion, frustrante, que rien dans l’Église ne peut se faire sans être décidé par des prêtres, ou au moins des personnes consacrées : le cœur organisationnel d’une paroisse, de la hiérarchie ecclésiale dans son ensemble, ce sont des prêtres, du curé au pape. Souvent cité est l’exemple de la Curie romaine, où tous les postes sont occupés par des cardinaux ou des évêques.

Cela dit, il ne faut pas dresser un tableau complètement caricatural de la situation. Des laïcs sont engagés dans l’Église et depuis bien longtemps : que sont les syndicats chrétiens, les associations d’entraide, d’éducation, de réflexion, de pastorale…? Sur Internet, la cathosphère est elle-même constituée de laïcs catholiques engagés, avides de débat et de porter sur eux une partie de la responsabilité de faire vivre notre Église — comment ne pas citer l’énergie qui habite les joyeux lurons de la Fraternité des Amis de Saint Médard ?

Peut-être tout cela est-il insuffisant. En effet, j’ai l’impression que quoi qu’il arrive, la remarque de départ demeure : les prêtres sont un peu « l’alpha et l’oméga », pour parler comme un profane, du mouvement de l’Église.

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Je ne suis pas un fervent copéiste mais…

Dans la course à la présidence de l’UMP, je suis bien content de ne pas avoir le droit de vote car je ne saurais choisir entre François Fillon et Jean-François Copé… Enfin j’ai une petite idée derrière la tête mais elle n’est que très évasive et clairement, l’idée de devoir choisir m’énerverait plus qu’autre chose.

Aujourd’hui, Copé a dit vouloir susciter, en tant que président du parti, une « révolution civique ». Aïe, aïe, aïe… me suis-je dit en voyant ce titre dans les flashes du Figaro.fr. Une révolution ? Quelle idée ! Cela me fait penser à cette campagne grotesque des Jeunes Pop’ dont le slogan était « Nous sommes révolutionnaires ». Non, justement pas.

Mais les mots sont les mots, et comme Copé avait promis d’arrêter la langue de bois, il est bien obligé d’en rajouter une couche pour rendre ses propos un peu percutants quand bien même ils resteraient à des altitudes stratosphériques dans les cieux de l’abstraction.

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Baroque et fatigué

[…] La perversion a donc été de transformer l’Évangile en Loi pour prétendre répondre au défi porté à la Révélation par les explosion successives d’immoralité et de dérèglement éthique. Bien entendu, les chrétiens et l’Église ne pouvaient pas ne pas réagir contre ce déchaînement de violence, de sexualité, contre ces corruptions multiples, mais l’erreur a été de traiter cela sur le plan de la morale et du droit, au lieu de reprendre l’exemple de Paul : celui-ci remonte chaque fois de la question d’immoralité à la question spirituelle, il reprend l’essentiel de la révélation de Christ, et de là dérivent certains modèles de conduite, cohérents avec la foi ou avec l’amour. C’est ce que n’a plus fait l’Église. Elle s’est alors située au niveau même de tout le monde, elle a traité une affaire de morale sur le plan de la morale.

C’est la même erreur que commettent actuellement les…

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(Liens) Human engineering

J’arrive toujours un peu à la bourre sur un tas de sujets et comme rien ne justifie qu’on mette fin à une si belle tradition, rebelote aujourd’hui.

Le sujet du jour, c’est l’incroyable génie de scientifiques, médecins ou philosophes déterminés à mettre toute leur science au service des hommes. Il faut croire que l’on progresse malgré l’immobilisme de sociétés traditionnelles empêtrées dans  leurs états d’âme vieux jeu, souvent entretenus par quelque coterie de religieux à mitre ou à turban.

On apprend donc sur le blog « Passeur de Sciences » de Pierre Barthélémy hébergé par lemonde.fr que trois philosophes ont publié un papier en début d’année dans lequel ils explorent sérieusement les voies d’une modification génétique et hormonale des êtres humains afin de lutter contre le réchauffement climatique. Ce merveilleux remix de l’armée clone starwarsienne arrêterait de manger de la viande, serait de petite taille et altruiste. Exeunt les vaches, les basketteurs et la morale.

Chez Corto, la nouveauté n’en est pas vraiment une : il ne s’agirait que d’un prolongement de l’avortement mais après la naissance, ex utero. Théophane Le Méné, chez Causeur, en avait parlé en mars dernier. Les deux chercheurs en bioéthique auteurs de ce second papier n’y vont pas par quatre chemins : si le gamin présente « un risque pour le bien-être de sa famille », couic ! (Notez l’effroyable article possessif, sa famille.) Exeunt les tristes femmes paumées au congélateur, au train où vont les choses, ça sera couvert par la CMU et l’AME avec (qui sait ?) une prime « réduction carbone » pour les émissions polluantes évitées.

Un monde radieux.

Si c’était une négo…

Je cèderais volontiers un simili-mariage en mairie avec les fleurs, le riz et le vin d’honneur, contre une renonciation saecula saeculorum à l’adoption par les couples de même sexe.

Puisque désormais les chances que cette nouvelle loi Taubira (aura-t-elle la palme des lois calamiteuses ?) soit adoptée frisent les 99%, majorité et promesse de campagne obligent, autant jouer cartes sur tables. Le grand débat n’aura pas lieu.

Plaçons-nous, dame Taubira et moi, à une table de restau, avec un Ribera del Duero un peu râpeux pour maintenir dans nos palais le sérieux de notre discussion et un grand saladier plein à ras bord de Monaco Belin. Et supposons que nous avons tout intérêt à trouver un compromis car un échec nous causerait à chacun un grand dommage (inutile de préciser lequel, c’est une fiction). Le sujet, c’est le pack « mariage + adoption plénière ». Dame Taubira veut tout, moi je ne veux rien donner : ce sont les positions de principe.

Je ne transcrirai pas ici le dialogue fictif que nous pourrions avoir. D’expérience, il me faut plus d’un mois dans un pays exotique à me faire arnaquer comme un bleu par des chauffeurs de taxi pour que je commence à valoir un petit quelque chose en négociation. Je me vois mal, dans ce contexte, raconter une brillante passe d’armes entre diplomates chevronnés (pour cela, il faut s’adresser à Francis Walder).

Venons-en plutôt à ce que serait la dernière ligne, celle où la garde meurt ou se barre en courant mais ne se rend pas, le point où l’on préfère les grands dommages de l’échec à la dureté d’un accord négocié. Cette ligne, c’est celle que l’on peut, en théorie, tracer entre le mariage et l’adoption. « Qu’ils se marient pourvu qu’ils n’adoptent pas », lancerait Caligula.

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