Je ne suis pas un fervent copéiste mais…

Dans la course à la présidence de l’UMP, je suis bien content de ne pas avoir le droit de vote car je ne saurais choisir entre François Fillon et Jean-François Copé… Enfin j’ai une petite idée derrière la tête mais elle n’est que très évasive et clairement, l’idée de devoir choisir m’énerverait plus qu’autre chose.

Aujourd’hui, Copé a dit vouloir susciter, en tant que président du parti, une « révolution civique ». Aïe, aïe, aïe… me suis-je dit en voyant ce titre dans les flashes du Figaro.fr. Une révolution ? Quelle idée ! Cela me fait penser à cette campagne grotesque des Jeunes Pop’ dont le slogan était « Nous sommes révolutionnaires ». Non, justement pas.

Mais les mots sont les mots, et comme Copé avait promis d’arrêter la langue de bois, il est bien obligé d’en rajouter une couche pour rendre ses propos un peu percutants quand bien même ils resteraient à des altitudes stratosphériques dans les cieux de l’abstraction.

Ce qu’il propose est un projet qui fait très largement penser à la Big Society promue par David Cameron :

Il a expliqué que cela consistait en « des actes de solidarité qui viendront remplacer ce que les socialistes ne font plus, parce que les socialistes au pouvoir sont en train d’abandonner les Français ».

Il a cité comme type d’actions « le soutien scolaire », « l’emploi », « l’aide aux victimes », « l’accompagnement des créateurs d’entreprise ».

Évidemment, l’énarque qu’il est y va avec des pincettes, d’autant plus qu’il est issu d’un parti, le RPR, où il n’y a pas si longtemps on chérissait l’État comme la Corona. Pour l’instant on ne dit pas que de toute façon l’État doit prendre moins de place. Ce sont les socialistes qui abandonnent. Et c’est à la société civile de s’organiser.

L’angle d’attaque est par ailleurs intéressant puisque cette « révolution civique » est en fait censée dépasser le corps des citoyens pour inclure les habitants, dont les étrangers. Avec cette proposition, la droite peut être autre chose que le parti du « non » au droit de vote des étrangers : ceux-ci peuvent tous prendre part à la vie en société et la question du vote n’est plus vraiment un sujet car tout ne devrait pas se régler via les institutions politiques.

Reste à savoir ce à quoi il pense vraiment. Les paroles sont belles. Et je ne connais pas beaucoup d’hommes politiques qui n’iraient pas faire la promotion de ces « actes de solidarité » et du « lien social » en général–souvent avant d’annoncer que l’État et ses fonctionnaires vont venir s’occuper de tout. Mais pour une fois que la droite exprime avec un peu de clarté un projet social qui devrait marcher main dans la main avec un certain libéralisme économique et des principes conservateurs, il n’est pas interdit d’esquisser un sourire de contentement.

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