Porcellum

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Dans le FT d’aujourd’hui, un éditorialiste pointe du doigt l’impossible système électoral italien, le porcellum, qui a empêché le pays de se réformer et le rend, à l’occasion ingouvernable. C’est, dit ce chroniqueur dont j’ai oublié le nom, un héritage des années d’après-guerre. Pour éviter le retour d’un Duce, on a disséminé le pouvoir au sein d’une myriade de corps constitués, professionnels, politiques et sociaux. Cruel dilemme que celui d’une démocratie qui doit parfois choisir entre un gouvernement efficace mais risquant de sombrer dans l’autoritarisme et un gouvernement inoffensif au point d’être complètement incapable.

Nous assistons à une illustration déplaisante du rôle de l’homme fort, du leader charismatique dans le jeu électoral. Bouder ou négliger l’importance d’une forte personnalité pour diriger en démocratie peut mener à l’impasse : Bersani le Sobre, Monti l’Austère, deux candidats au fond très raisonnables, très sérieux et sans doute bons pour l’Italie en paient depuis lundi les conséquences. Le premier pourra peut-être gouverner, mais difficilement, avec des alliés turbulents et tapageurs. Il devrait bien s’entendre avec Hollande… Mario Monti, qui avait ma préférence, peut sans doute ranger son maroquin de presidente et décrocher du placard sa toge de professore.

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Être Philinte plutôt qu’Alceste

Pour 2013, Henry Le Barde souhaite être « conservateur au possible. » Or comment être conservateur quand la société –et nous-mêmes– sommes en permanence tiraillés entre le Parti du Progrès et le Camp de la Réaction ? Et quitte à ne choisir aucun de ces deux partis, comme ne pas réinventer l’eau tiède en permanence ?

Chacune de ces cliques œuvre à « changer le monde » vers un destin meilleur : vers les rives rassurantes d’un passé trop vite oublié ou vers les lendemains qui chantent de l’émancipation perpétuelle. Le conservateur n’est ni indifférent, ni résigné, mais il conteste une chose majeure à ces deux camps : il refuse l’idée que les hommes puissent « corriger le monde » de l’intégralité de ses vices ou de ses travers.

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Difficultés du réformisme

Article publié sur Antidoxe, sous le titre « Œillères ou mentonnières ? »

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Quel est le point commun entre Sophie de Menthon, bouillante grande gueule sur RMC et Benoît XVI, pape de l’Église catholique ? Ils ont tous les deux des noms qui rappellent l’Ancien Régime, certes. Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, ils se sont également retrouvés dans une situation comparable lorsqu’ils se sont risqués à aborder des sujets éminemment polémiques.

En 2009, le pape a déclaré dans un avion qui le menait en Afrique que la distribution de préservatifs aggravait le problème de la pandémie de sida. En 2011, Madame de Menthon a affirmé que dans certains cas le travail des enfants n’était pas scandaleux (en ajoutant une bonne douzaine de guillemets). Évidemment, cette dernière n’est pas le chef d’une communauté de deux milliards de croyants, aussi n’a-t-elle pas eu à subir un lynchage médiatique pour « rupture délibérée avec la doxa du progrès ».

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Du comptoir au bac à shampoing

Nouvelle qui devrait mettre du baume au coeur de Jean-Pierre Raffarin et de bon nombre de sénateurs : le Figaro diffuse une étude de l’INSEE qui montre que les petits commerces ne sont pas en voie d’extinction sous les coups de boutoirs de la grande distribution, de l’urbanisation et de l’accélération du rythme de vie.

Certes, la France de nos terroirs n’est plus la même : la vie d’un village ne se polarise plus autour des salutations du boulangers, des potins de la maraîchère et des débats du café de la mairie. Les petits commerces changent.

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Al Doura : un sénateur tente de briser l’omerta

Une fois n’est pas coutume, la classe politique prouve qu’elle a encore du ressort. Dernière preuve en date : l’intervention du sénateur de la Haute-Garonne Jean-Pierre Plancade (RDSE).

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They got a crush… on Obama

Si vous ne connaissez pas encore le blog Obamazoom, je vous conseille de vous y rendre en courant. Il vaut le détour. Hébergé par le Figaro, ses rédacteurs sont Véronique Saint-Geours, ancienne conseillère de Jack Lang, et Jean-Sébastien Stehli, rédacteur en chef de Madame Figaro.

Le but de ce « blog invité » est d’analyser « son  action (celle de Barack Obama, ndmm), celle de son administration et son influence sur la société américaine. » Tout un programme tempéré d’emblée par le statut déclaré d’ « observateur engagé » et de « décrypteur subjectif », formules bien pratiques qui autorisent les auteurs à quitter les sphères de l’analyse critique au profit de la caricature propagandiste. Et on n’est pas déçu.

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Laïcité et identité nationale

Le gouvernement italien défend, devant la Cour européenne des droits de l’homme, la présence de crucifix dans les salles de classe de ses écoles publiques, après la plainte d’une mère qui y voit une affirmation impérieuse et prosélyte de la religion catholique. Sur RTL, Éric Zemmour a défendu la position italienne : « Si le crucifix de cette nation, qui s’est constituée tardivement, à l’ombre de la papauté, fait partie de leur identité nationale, au nom de quoi leur enlever ? »

On notera avec bonheur la référence à deux réflexes bien français : d’une part, évidemment, le sentiment répandu que les signes religieux n’ont rien à faire à l’école, donc si nous devions conseiller les Italiens, nous leur dirions d’enlever les crucifix, d’autre part, le refus de voir dicter la loi et la coutume nationales par des juges internationaux. Un général français aurait presque pu parler d’un « aréopage apatride, technocratique et irresponsable »…