Dies irae

BMGuvUqCYAExs39Deuil. Indignation. Honte.

Deuil face à la mort, suite à une bagarre, d’un type de 18 ans dont je ne sais rien si ce n’est qu’il s’appelle Clément Méric, qu’il était militant d’extrême-gauche et qu’il fréquentait, comme moi il y a peu, les salles de cours de la rue Saint-Guillaume. L’adage est clair : de mortuis nil nisi bonum–et je ne compte pas m’y soustraire. Je m’arrêterai donc là : les démonstrations larmoyantes d’humanité ne sont pas dans mes habitudes et ceux qui veulent pleurer devraient pouvoir le faire en paix.

Indignation, ensuite, Lire la suite

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Gengis Corleone

gengis corleone

En quelques jours, les socialistes et les communistes sont parvenus à faire la preuve de leur personnalité ombrageuse qui, s’ils disent qu’elle s’apparente à Jean Jaurès, Léon Blum et feu Stéphane Hessel, semble tenir tout autant des barons mafieux Vito et Michael Corleone et du chef de guerre mongol Gengis Khan.

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Les idées politiques de l’électorat

Quelle est l'opinion politique de M. et Mme Michu ?

Quelle est l’opinion politique de M. et Mme Michu ?

Le 15 janvier, le baromètre de confiance politique du CEVIPOF a été publié et a, sans nul doute, suscité un plaisir non dissimulé chez ceux qui se sentent globalement de droite.

Cette étude explore l’opinion des électeurs français sur une variété de sujets portant principalement sur la politique, la confiance et les relations sociales. Les chiffres sur la « cohésion » de la société française sont régulièrement mauvais depuis la création de l’étude en 2009. Ces statistiques, ainsi que de nombreuses autres, inspirent une bonne partie de l’analyse de Yann Algan et de Pierre Cahuc sur ce qu’ils appellent la « société de défiance ».

Je m’en tiendrai ici aux idées politiques révélées par la dernière vague de l’étude (décembre 2012) et qui témoignent d’une forte poussée des idées dites « de droite » chez les sondés.

Cette tendance est récente et se constate principalement entre 2011 et 2012, période où, pourtant, les Français élisaient un président socialiste et une majorité parlementaire rose-vert-rouge. Mais cette contradiction apparente n’en est pas une.

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Un sur 340 000, 800 000 ou 1 300 000

14829_559414047422080_1321019935_nFrigorifié et fatigué. C’est ainsi que j’ai fini la journée du dimanche 13 janvier, première fois pour un novice de la manifestation. Mais c’était une bonne journée. Pas de dérapage visible, des slogans amusants et une ambiance excellente. Il était clair que beaucoup étaient venus pour s’opposer d’abord à l’idée qu’un enfant puisse avoir deux pères ou deux mères.

Les animations prévues sur le Champ de Mars étaient d’une qualité… inégale. J’ai particulièrement apprécié le Gangnam Style improvisé pour réchauffer la foule (bien que le présentateur n’ait pas réussi à le prononcer une fois correctement… « gangang style » — sic). En revanche, les clowns chargés du comptage ne m’ont pas franchement enchanté… Parmi les meilleures interventions, celle de Benoît Talleu (Les Adoptés) et celle de Jean-Pier Delaume-Myard. Deux discours pénibles et inutiles ont été prononcés par Philippe Ariño et Xavier Bongibault.

En rentrant chez moi, mon news feed Facebook était inondé de remarques sur la manifestation : quelques photos, quelques « j’y étais » mais, surtout, une avalanche de commentaires ironiques, hostiles et caricaturaux. « Manifestation de haine », « rétrogrades », j’ai compris que quand on noue des amitiés rue Saint-Guillaume notamment, il faut savoir être confronté à une critique dure, tenace, et souvent facile.

Heureusement, la mobilisation massive a mis du baume au cœur des opposants au projet de loi. Le nombre des manifestants était impressionnant et je fais partie de ceux qui restent franchement circonspects face aux chiffres avancés par la préfecture de police.

Quoi qu’il en soit, il semble que l’opposition au projet de loi se soit imposée dans le débat public : la droite parlementaire ne rechigne plus à s’opposer au projet avec une certaine force, quand bien même l’appel au référendum formulé par Henri Guaino hier à l’Assemblée nationale risque s’achopper sur l’article 11 de la Constitution. Lundi soir, l’émission Mots Croisés a, pour la première fois depuis longtemps, permis d’approcher sérieusement le fond du débat et de dégager le véritable clivage entre les supporters du projet et les opposants : la différence des sexes a-t-elle de la pertinence ?

Mener les hommes dans une société démocratique

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Dans The Conservative Foundations of the Liberal Order, Daniel J. Mahoney, un universitaire américain pétri de Tocqueville, Aron et Manent, grand admirateur de Churchill et De Gaulle, passe en revue les principaux enjeux du libéralisme conservateur.

La deuxième partie de l’ouvrage (pour l’instant la plus intéressante), s’attaque au sujet du leadership en démocratie. Impossible de ne pas y penser en regardant, lundi soir, les vœux du Président.

François Hollande a abordé la présidence en claironnant à qui voulait l’entendre qu’il serait un président normal. Expression qui avait déjà fait jaser pendant la campagne et qui aujourd’hui se retourne contre son auteur.

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Easy-Scary

Christine Lambert et Joseph Macé-Scaron, deux rédacteurs de Marianne, ont publié une tribune critiquant l’opposition à la loi sur le mariage pour tous et intitulée « Ils ne sont pas homophobes, comme ils disent ». On se rend compte d’emblée que leur démonstration se fonde sur un parti-pris très contestable qui reviendrait à trouver la genèse de cette opposition dans l’homophobie (assumée ou non) de ceux qui en font partie.

Au rythme d’une anaphore désormais bien connue du grand public s’aligne une avalanche de pseudo-arguments. Contrairement aux papiers soi-disant scientifiques du Monde.fr, lesquels sont tellement embrouillés et jargonneux qu’on ne sait pas par quel bout les prendre, Lambert et Macé-Scaron nous mâchent déjà le travail en organisant leur harangue en quatorze petits paragraphes que voici (cliquez sur l’image) :

article lambert macé-scarron

Critique par le menu.

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Duflologie

Caecilia Duflotensia Ecologis

Caecilia Duflotensia Ecologis

Le problème avec la dernière sortie de Cécile Duflot, c’est qu’elle n’a pas tout à fait tort (attendez, je vais m’expliquer !) suscite des réactions parfois plus embêtantes que ce qu’elle dit elle-même. L’avalanche de réponses agacées que lui ont valu ses propos sur le domaine foncier de l’archevêché de Paris a parfois atteint un tel sommet de mépris et de détestation qu’il me semble que certains souhaitaient juste se payer la ministre écolo du Logement plutôt que formuler une remarque un minimum construite sur la lutte contre les cas de détresse matérielle grave.

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