Dies irae

BMGuvUqCYAExs39Deuil. Indignation. Honte.

Deuil face à la mort, suite à une bagarre, d’un type de 18 ans dont je ne sais rien si ce n’est qu’il s’appelle Clément Méric, qu’il était militant d’extrême-gauche et qu’il fréquentait, comme moi il y a peu, les salles de cours de la rue Saint-Guillaume. L’adage est clair : de mortuis nil nisi bonum–et je ne compte pas m’y soustraire. Je m’arrêterai donc là : les démonstrations larmoyantes d’humanité ne sont pas dans mes habitudes et ceux qui veulent pleurer devraient pouvoir le faire en paix.

Indignation, ensuite, Lire la suite

Ce que n’est pas l’apéro interdit

Dans le milieu assez conformiste au sein duquel j’évolue, où, malgré quelques sorties qui passent, à raison, pour de l’audace, on se range rapidement derrière la ligne officielle dès que France 2 et Le Monde battent le rappel, et l’on aime à critiquer le capitalisme débridé, notamment, il y a des catholiques qui condamnent l’apéro prévu à la Goutte d’Or pour demain soir et finalement interdit par la préfecture de police. Ils reconnaissent le scandale de l’occupation de la rue Myrha mais ne sont pas bien au courant que l’avancée de l’islam politique, bien que très limité aujourd’hui, est plus forte que ce qu’ils croient. Ils s’inquiètent d’une part de la participation de l’extrême-droite, d’autre part de la participation de militants de la République laïque.

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La manifestation était haram

Le cassoulet. Déguster un tel plat et y prendre plaisir vous classe parmi les beaufs de droite racistes et attardés.

Sous la monarchie de Juillet, les opposants au pouvoir avaient trouvé une parade pour ne pas voir leurs réunions publiques interdites par les autorités : ils organisaient des banquets, réunions tout ce qu’il y a de plus privé (en théorie), qui devenaient le lieu de leurs revendications réformistes (notamment en faveur de l’élargissement du corps électoral) et de leur critique contre les conservateurs. Lorsque le gouvernement se mit en tête de les interdire, en février 1848, les troubles qui suivirent coûtèrent son trône au roi Louis-Philippe et aboutirent à la proclamation de la IIème République. Dans la France républicaine du XXIème siècle, ces fantômes ne sont plus qu’un mauvais souvenir, et la préfecture de police peut interdire des réunions politiques, y compris des apéros, sans que le régime ne tremble un instant.

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