Porcellum

gros-cochon

Dans le FT d’aujourd’hui, un éditorialiste pointe du doigt l’impossible système électoral italien, le porcellum, qui a empêché le pays de se réformer et le rend, à l’occasion ingouvernable. C’est, dit ce chroniqueur dont j’ai oublié le nom, un héritage des années d’après-guerre. Pour éviter le retour d’un Duce, on a disséminé le pouvoir au sein d’une myriade de corps constitués, professionnels, politiques et sociaux. Cruel dilemme que celui d’une démocratie qui doit parfois choisir entre un gouvernement efficace mais risquant de sombrer dans l’autoritarisme et un gouvernement inoffensif au point d’être complètement incapable.

Nous assistons à une illustration déplaisante du rôle de l’homme fort, du leader charismatique dans le jeu électoral. Bouder ou négliger l’importance d’une forte personnalité pour diriger en démocratie peut mener à l’impasse : Bersani le Sobre, Monti l’Austère, deux candidats au fond très raisonnables, très sérieux et sans doute bons pour l’Italie en paient depuis lundi les conséquences. Le premier pourra peut-être gouverner, mais difficilement, avec des alliés turbulents et tapageurs. Il devrait bien s’entendre avec Hollande… Mario Monti, qui avait ma préférence, peut sans doute ranger son maroquin de presidente et décrocher du placard sa toge de professore.

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Laïcité et identité nationale

Le gouvernement italien défend, devant la Cour européenne des droits de l’homme, la présence de crucifix dans les salles de classe de ses écoles publiques, après la plainte d’une mère qui y voit une affirmation impérieuse et prosélyte de la religion catholique. Sur RTL, Éric Zemmour a défendu la position italienne : « Si le crucifix de cette nation, qui s’est constituée tardivement, à l’ombre de la papauté, fait partie de leur identité nationale, au nom de quoi leur enlever ? »

On notera avec bonheur la référence à deux réflexes bien français : d’une part, évidemment, le sentiment répandu que les signes religieux n’ont rien à faire à l’école, donc si nous devions conseiller les Italiens, nous leur dirions d’enlever les crucifix, d’autre part, le refus de voir dicter la loi et la coutume nationales par des juges internationaux. Un général français aurait presque pu parler d’un « aréopage apatride, technocratique et irresponsable »…

Good Bye Discipline ?

L’Europe connaît de graves difficultés qui, pour une fois, ne sont pas vraiment nées des rivalités et des revendications de tel ou tel gouvernement. Point de référendum perturbant le transfert de nouvelles compétences à Bruxelles, point d’âpres discussions sur la politique agricole commune, sur le chèque britannique ou autres… L’Union européenne (plus précisément la zone euro) fait face à une crise financière qui, contrairement à celle qui est née avec l’effondrement de l’immobilier américain en 2007, lui est propre. C’est la dette, trop lourde, de ses États membres qui pose désormais problème.

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